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Champions League : Le bilan des quarts de finale

18 août 2020

Les quarts de finale de la Ligue des champions en août, sans public : particulier, mais avec l’année 2020 qu’on se tape, on n’est plus à une dinguerie près. Toujours est-il que la crème du foot a pris ses quartiers à Lisbonne pour ce Final 8 qui déterminera les grands vainqueurs de la coupe aux grandes oreilles. Et au rythme avec lequel les matchs s’enchaînent, rien de tel qu’un bilan des quarts avant d’attaquer les demis de pied ferme.

Le format unique de la compétition (des matchs à élimination directe) est totalement inédit à ce stade de la compétition. Seule la finale se jouant sur un seul match, d’habitude. Mais ce qui ne change pas, c’est le niveau de mutant et les dramas auxquels on a eu droit.

Atalanta – PSG

On n’est pas passé loin d’une énième désillusion pour le club de la capitale française. Dans un match intense de bout en bout, Neymar a sorti une prestation XXL, et, dans le même temps, proposait une finition ridiculement mauvaise. L’Atalanta a joué sans complexe, mais les jambes ont commencé à se faire lourdes et l’entrée en jeu de Kylian Mbappé conjuguée à la sortie de Gomez ont été le tournant du match.

Neymar a remis son titre d’homme du match à Eric Maxim Choupo-Moting à la fin de la rencontre. Belle consécration pour celui qui n’était pas inscrit dans le groupe avant la trêve forcée.

Après avoir renversé Dortmund dans un match d’anthologie qui a vu l’une des plus belles communions de ces dernières années entre joueurs et supporters parisiens, le PSG semble avoir enfin franchi ce cap mental qui lui a tant fait défaut en marquant les deux buts salvateurs dans le temps additionnel. Le club francilien retrouvera Leipzig en demi-finale, et devra comme à son habitude composer avec des absents de taille (Navas, Verratti, Gueye), mais récupère son armada offensive pour un match qui s’annonce intenable.

RB Leipzig – Atlético Madrid

Deux philosophies bien différentes se sont affrontées mercredi dernier dans un duel qui a vu s’opposer le bouclier contre l’épée. Si l’Atlético n’est jamais une équipe facile (ni agréable) à jouer, Leipzig non plus ! Dans une confrontation tactique entre Diego Simeone, père spirituel de cette identité défensive, et Julian Nagelsmann, le jeune prodige capable de transformer un camp scout en armada offensive, une altercation a eu lieu entre les deux stratèges du gazon lors de la mi-temps.

L’entraîneur du RB Leipzig a déclaré en fin de match que son homologue argentin était venu le féliciter sincèrement et chaleureusement, tuant dans l’œuf une polémique à naître.

Si le match a été légèrement à l’avantage des Allemands, la rentrée en jeu de João Félix a donné un coup de boost aux joueurs espagnols, le joyau portugais provoquant même un penalty égalisateur avant que Leipzig ne vienne assurer sa qualification dans les derniers instants. La surprenante équipe du RasenBallsport a mérité son ticket pour les demi-finales et peut envisager sans trembler l’affrontement à venir contre l’ogre parisien.

FC Barcelone – Bayern Munich

Les bières étaient prêtes, la pizza aussi. On s’attendait à un superbe match disputé entre deux des favoris à la victoire finale. On peut dire qu’on n’est pas déçus niveau spectacle. Seulement quatre minutes après le début de la rencontre, Thomas Müller punit le manque d’engagement du Barça avec un superbe but. Trois minutes plus tard, Alaba marque l’un des plus beaux buts de la compétition (contre son camp). Un partout, balle au centre. La pizza refroidit tellement on est concentrés sur le match.

Quique Setien était arrivé en janvier en remplacement d’Ernesto Valverde. Il sera remercié après ce match, tandis que le nom de Ronald Koeman revient incessamment depuis lundi 17 août.

Mais finalement, la suite ressemblera plus à du bullying pour ce Barça en cruel manque d’idées. 4-1 à la mi-temps, et alors que l’on pense le match relancé par un superbe geste de Suárez pour réduire le score, les Allemands ne pardonneront pas cet affront. Coutinho entrera en jeu, et le joueur prêté par le Barça (faut le faire) va distiller une passe décisive et marquer deux buts qui scelleront le score à 8-2 pour les Bavarois. Résultat : on a quand même fini nos pizzas, mais les fans du Barça ont perdu l’appétit.

Manchester City – Olympique Lyonnais

Bon, on va pas se mentir, ce quart qui a suivi le 2-8 s’annonçait un peu comme si, le lendemain de la soirée de ta vie, on te reproposait de te mettre une cuite. Mais une journée pour digérer tout ce qu’il s’est passé la veille, c’est pas suffisant, et puis, ce qui t’attend risque de ne pas arriver à la cheville de ce que tu as vécu 24 heures plus tôt, se résumant à savoir quand City marquerait son premier but. Sauf que tu es passionné. Alors tu acceptes et tu te prends très vite au jeu.

Avec 20 buts inscrits en Premier League cette saison, Raheem Sterling est l’ailier le plus prolifique de la compétition. Mais là…

Tu te prends au jeu de voir Lyon vachement tenir tête aux Cityzens. Puis, quand t’as vu l’OL ouvrir le score, t’as su que t’allais voir un solide match. Et ça s’est vérifié. La débauche d’énergie et la mise en place tactique énorme de l’équipe de Rudi Garcia, le flow de Memphis Depay, Lyon ont vraiment fait du sale jusqu’à l’égalisation d’un certain Kevin De Bruyne. Là, on s’est dit que City allait reprendre le match en main. Sauf que l’entrée de Moussa Dembélé et le raté monumental de Sterling ont mis Guardiola à genoux. On a beau être déçus de pas avoir droit à un Bayern-City en demi, c’est le prix à payer quand on a droit à des retournements de situation pareils.

Si la plupart d’entre nous étaient encore sceptiques quant au format de ce « final eight », force est de constater qu’on s’est ré-ga-lé sur l’ensemble des matchs. Avec une petite vibe proche de celle de la Coupe du Monde, les enjeux sont plus intenses et les surprises plus fréquentes. On souhaite évidemment que cela continue pour les demi, et qui sait, de voir un gagnant totalement inédit le dimanche 23 août !