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Jupiler Pro League : Comment les clubs se prostituent pour survivre

19 juin 2020

Il y a quelques jours, le club de Lommel, en deuxième division, a été racheté par le City Football Group, la société qui se cache derrière Manchester City. Si la collaboration entre Lommel et un des plus puissants clubs au monde paraît ouf pour le foot belge, ça montre surtout que nos clubs sont à la rue. AZAP vous explique pourquoi.

La réalité, c’est que tous les clubs ont des dettes. Et avec la crise du coronavirus, c’est pire : il y a des pertes au niveau du ticketing, des droits télé et de la valeur des joueurs. Mais c’était déjà la merde avant. Alors pour survivre, nos clubs (belges) doivent mettre leur éthique de côté.

Des équipes « satellites » au service des plus grands

Pour effacer ces dettes, nos équipes cherchent des repreneurs balèzes (possédant déjà d’autres plus grosses équipes) qui sortiront le chéquier pour apurer tout ça. Les clubs belges deviennent alors ce qu’on appelle des « satellites » par rapport aux autres propriétés du groupe. C’est ce qui se passe avec Lommel, qui va être « au service » de Manchester City. Parce qu’il faut être clair : Manchester City n’en a rien à foutre de Lommel et voit juste l’équipe comme un endroit ou caser des jeunes pas (encore) prêts dont ils ne savent plus quoi faire. Le succès de l’équipe n’est que secondaire. Les supporters de l’équipe belge apprécieront.

En Belgique, les exemples du Cercle de Bruges appartenant à Monaco et de l’Union Saint-Gilloise appartenant à Brighton risquent de se multiplier.

Des agents bien installés dans le paysage belge

A part une revente qui est un peu le dernier recours, les clubs tirent aussi pas mal de revenus en vendant leurs meilleurs joueurs au mercato. A l’heure où il faut faire du chiffre, on invite volontiers des agents qui savent bien comment faire monter les enchères. Les dirigeants deviennent donc de plus en plus dépendants d’intermédiaires qui se font un fric de malade sur le dos des joueurs et sur celui des clubs. Une fois de plus, au milieu de tout ça, le supporter est le dindon de la farce, voyant ses joueurs préférés partir au bout d’une seule bonne saison, et voyant arriver à la place des gars qui rêvent juste de se casser de Belgique pour aller plus haut.

A Mouscron, le problème est encore profond puisque le club est contrôlé par un des agents les plus influents de la planète : l’Israélien Pini Zahavi.

Un système pas hyper clean mais qui, il faut quand même l’admettre, a permis au championnat belge de voir évoluer de jeunes talents comme Percy Tau ou Henry Onyekuru ces dernières saisons. La Jupiler Pro League est définitivement devenu un championnat d’import-export. Pour le meilleur et pour le pire.