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Marcelo Bielsa : 10 anecdotes complètement folles sur « El Loco »

25 juillet 2020

Véritable amoureux du jeu, Marcelo Bielsa est considéré par ses pairs comme étant parmi les plus grands à avoir entraîné. Et il l’a prouvé encore une fois en emmenant Leeds, club de deuxième division anglaise, au sommet du classement, synonyme de montée dans l’élite du football britannique et européen. Mais ce qui fait le charme de l’entraîneur à la glacière, c’est la folie qui le caractérise. AZAP Sports revient sur les anecdotes les plus croustillantes du fameux « El Loco ».

On dit souvent que les génies font contraste avec le reste de la société, et Bielsa ne fait pas exception. Joueur dans le championnat argentin pendant quatre ans, il s’occupera ensuite de la formation de jeunes joueurs au Newell’s Old Boy, son club formateur, avant de prendre le rôle de coach dix ans plus tard et de remporter le championnat dans la foulée. Par la suite, il officiera en Europe avec plus ou moins de succès, avec des passages remarqués à Bilbao, Marseille ou dernièrement à Leeds United.

Totalement investi par le terrain, le Bielsa sauvage se reconnaît de loin par sa position assise sur une glacière au bord du gazon.

#1 – Bielsa vendeur de journaux

Après quatre années en tant que joueur, carrière qu’il considère encore aujourd’hui comme un échec total, Marcelo postule pour travailler dans un… kiosque à journaux ! C’était pour lui une façon de pouvoir lire les revues sportives gratuitement, il déclarera par la suite que cela lui a permis de mieux comprendre certaines subtilités du métier.

#2 – Plutôt mourir que de se trahir

En 1982, il devient entraîneur de l’équipe universitaire de Buenos Aires. Étant aussi exigeant à l’époque qu’il l’est maintenant, il faisait faire à ses joueurs – des étudiants – plus de 600 abdos par jour par exemple. Considéré comme sans pitié par ses propres joueurs, il décide d’abandonner son poste après quelques mois, plutôt que d’abandonner ses méthodes.

Lorsqu’il était à Marseille, il a notamment entrainé notre Michy Batshuayi. Lors de ce passage, il a rencontré Zidane, un an avant que ce dernier ne devienne l’entraineur du Real Madrid, avec le succès qu’on lui connait. Coïncidence ?

#3 – Radar à talents

La même année, il devient recruteur pour Newell’s, il a alors l’idée de diviser la province en 70 zones dans lesquelles il cherchera LA pépite sur 25 000 km. Il découvrira des joueurs comme Batistuta, Berizzo ou encore Mauricio Pochettino, l’ancien coach de Tottenham. D’ailleurs, pour ce dernier, après avoir appris qu’il risquait de signer dans un club rival, Bielsa s’est rendu à une heure du matin chez ses parents, avant d’en ressortir deux heures plus tard, un contrat signé à la main.

#4 – Place à la jeunesse

En 1990, il accède enfin au poste d’entraîneur de son club de cœur, mais Newell’s vient de perdre des joueurs du calibre de Batistuta, Balbo ou encore Sensini, et risque de passer par quelques saisons de transition. Mais « El Loco » ne l’entend pas de cette oreille : il fait alors monter une dizaine de jeunes, qu’il aura personnellement recrutés, en équipe première. Les Old Boys (ironique, n’est-ce pas ?) finiront champions au terme de cette première saison.

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Il retrouve cette année les joies d’être champion avec Leeds après presque 30 ans depuis son dernier titre avec le Newell’s Old Boy (1992). Il n’a d’ailleurs été champion que 3x dans sa carrière (91, 92 et 2020)

#5 – Mister Video

En 2002, il est sélectionneur de l’équipe nationale d’Argentine et cherche à préparer le mondial qui arrive. Il demandera alors qu’on lui livre un container de 7000 cassettes vidéos pour qu’il puisse analyser tous les adversaires. Pire (ou mieux) encore, suite à un désaccord avec Jorge Valdano, il se tapera 32 matchs de l’AC Milan juste pour pouvoir donner tort à son interlocuteur.

#6 – Le pire cauchemar de la moitié des clubs en Europe

Bielsa c’est le jeu élégant, la passion et l’aspect tactique poussé. Mais c’est également un sale gosse prêt à tout pour avoir le dernier mot. Fin des années 90, il signera à l’Espanyol Barcelona mais se voit proposer le poste de sélectionneur de l’Albiceleste. Son club refusant de le laisser partir, il sabotera le début de saison jusqu’à obtenir ce qu’il veut. Mais ça ne s’arrête pas là : lors de son passage à Bilbao, il étranglera le chef de chantier à cause des travaux au club qui prenaient du retard. Bien plus tard, il donnera rendez-vous à son traducteur lors de son passage à Marseille pour régler leurs comptes dans un bois…

En 2004, il remportera la médaille d’or des JO d’Athènes avec l’Argentine. Une équipe composée notamment par Mascherano et Tevez qui marquera 8 buts en 6 matchs dans la compétition.

#7 – Pas le temps de se reposer

En 2010, alors sélectionneur du Chili, il imposera à son équipe de disputer deux matchs amicaux dans la même journée. Il aura eu bien raison puisqu’il remportera ses matchs contre l’Irlande du Nord (1-0) et contre Israël (3-0). Du jamais vu.

#8 – « El Loco » au bord de la folie

Lorsqu’il démissionnera de son poste de sélectionneur d’Argentine, il s’enfermera trois mois dans un couvent pour se couper du monde.

Je n’avais ni téléphone ni télévision, seulement quelques livres. J’ai fini par devoir rentrer chez moi car je commençais à me parler à moi-même. Je devenais fou.

Bielsa n’a définitivement pas volé son surnom

#9 – Le foot d’abord, le reste plus tard

Lors d’une mise au vert (sorte de stage de préparation en équipe, isolé de tout), il interdira aux joueurs d’utiliser leur téléphone. Bielsa leur dira que sa femme est enceinte et qu’elle souffre de complications et que malgré ça elle ne devait pas l’appeler durant cette période, et que donc seuls les joueurs ayant une situation plus urgente que celle-là auront le droit de passer un coup de fil.

#10 – L’entraîneur au grand cœur

Pour son premier entraînement avec Leeds, il fera ramasser à ses joueurs pendant trois heures les ordures autour du stade. Cela afin qu’ils puissent comprendre la charge de travail qu’un supporter doit endurer juste pour pouvoir se payer un billet de match.

Il n’y a qu’à voir l’amour de ses joueurs (Leeds United) pour comprendre l’homme à qui on a affaire.

Rarement un entraîneur n’aura suscité autant de respect que Marcelo Bielsa, et ce bien au-delà d’un quelconque palmarès. Les plus grands coachs de notre époque, tels que Guardiola, le portent en très haute estime, et il aura réussi, par sa passion et son amour du jeu, à redonner vie à toute la ville de Leeds en permettant au club de revenir dans l’élite du football anglais après 16 ans d’absence. « El Loco » goûtera aux joies de la Premier League pour la première fois de sa carrière, et la seule certitude qu’on puisse avoir à ce stade, c’est qu’il y aura des rebondissements et du beau football.