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Mediapro : Le scandale qui risque de mettre le football français en faillite

10 octobre 2020

Le foot et l’argent ne font décidément pas bon ménage. Arrivé en bombe en 2018, le groupe Mediapro avait placé une carotte assez conséquente à ses rivaux Canal+ et BeIn Sport en s’offrant les droits de diffusion du championnat français à un prix astronomique. Deux ans plus tard, ils se retrouvent dans l’impossibilité de payer la somme convenue et les conséquences pour les clubs de Ligue 1 s’annoncent catastrophiques…

Depuis pas si longtemps que ça, le business model des clubs de foot a évolué. S’ils comptaient, il y a quelques années, sur les billets vendus pour renflouer les caisses, c’est aujourd’hui les accords concernant les droits TV qui rapportent le plus d’argent. Sauf que le groupe Mediapro se voit dans l’impossibilité d’assumer le prix qu’ils ont eux-mêmes fixé, et doivent trouver 141 millions d’euros sous peine de créer un immense bordel (spoiler alert : trop tard).

En Angleterre par exemple, le dernier au classement en 2019-2020 (Norwich City) a touché près de 103 millions d’euro, tandis que Liverpool, champion en titre, a bénéficié d’un peu moins de 200M€ d’argent de poche. On comprend mieux à quel point ces revenus sont importants pour les petits clubs.

Quand suivre le sport à la télé devient un luxe

Alors que le « prix » de la Ligue 1 s’élevait encore à environ 600M€ pour la période 2012-2016, Mediapro a fait doubler ce chiffre pour distancer la concurrence. Problème : eux, qui avaient prévu environ 3.5 millions d’abonnés à leur nouvelle chaine Téléfoot, n’en comptent que 278 000 à l’heure actuelle. Ils ont donc trois mois pour trouver trois millions d’abonnés. OKLM.

Payer entre deux et quatre abonnements à 25€/mois pour suivre ses sports quotidiennement ? Pas étonnant que le streaming illégal soit l’option la plus privilégiée.

Un air de déjà-vu ?

Malheureusement il ne s’agit pas là que d’une simple hypothèse. Dans le début des années 2000, les divisions inférieures anglaises ont connu le même bourbier. Résultat ? Une poignée de clubs contraints de mettre la clé sous le paillasson et une quinzaine d’autres en redressement financier.

Le PSG dans la sauce ?

Alors non, des clubs comme le PSG risquent de passer un sale moment mais n’encourent pas de faillites. Par contre, les clubs plus modestes (qui représentent quand même deux tiers du championnat) vont en baver. Eux qui étaient censés recevoir une partie de l’argent ce 17 octobre, vont devoir se contenter d’un sourire et, au mieux, un café offert. Et autant vous dire que cela tombe très mal à cause de la crise sanitaire du moment, l’absence de spectateurs dans les stades et la crise financière actuelle.

Vincent Labrune (à droite sur la photo, forcément), ancien président de l’Olympique de Marseille, a été fraîchement élu à la tête de la LFP (Ligue de Football Professionnel), et il va devoir charbonner sévère pour trouver une solution à ce dossier.

Vu les enjeux de taille XXL, une solution sera forcément trouvée, mais à quel prix ? On parle déjà d’une alliance entre BeIn et Canal+ pour racheter les droits de diffusion, mais le risque est qu’ils attendent que Mediapro se casse encore plus la gueule pour récupérer le Graal pour trois fois rien. Une décision profitable d’un point de vue business mais qui risque de faire des dommages irréversibles aux petits clubs.