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Roland-Garros : Les 5 leçons de cette édition à part

13 octobre 2020

Certains disent que ce Roland-Garros 2020 était bien triste. Alors, oui, les joueurs ont parfois joué sous une petite bruine deg’ et 15 degrés ; oui, il n’y avait que 1000 personnes par jour ; oui, certains étaient fatigués après l’enchaînement de la tournée américaine et de la tournée sur terre. Mais c’était ça ou rien, et pour avoir été privés de tennis pendant des mois, on signe tout de suite. Mais au-delà du contexte, que retenir de cette édition ?

Ce Roland-Garros arrivait directement après les tournois de l’US Open, Hambourg et Rome. Face à cet enchaînement, les joueurs ont opté pour des stratégies différentes : des prétendants comme Djoko, Thiem et la majorité des joueuses du tournoi féminin ont choisi de tout enchaîner et arrivaient avec plus de rythme quand d’autres comme Nadal, Monfils ou Wawrinka ont décidé de se concentrer sur la tournée sur terre battue pour arriver plus frais. Les courbes de formes étaient ainsi bien différentes.

1. Un toit bien utile

La première info, c’est que pour le toit dont on parle depuis perpet’ à Paris était enfin prêt. C’est même David Goffin qui a eu l’honneur de l’inaugurer en se faisant pulvériser au premier tour (voir plus loin). Finalement, ce toit aura été nécessaire du premier tour à la finale tant le temps était changeant (normal en automne, me direz-vous). Autre nouveauté, les courts étaient équipés d’éclairage pour que les matchs puissent se prolonger en night sessions comme dans les autres grands chelems. Un toit, de la lumière, peut-être même qu’ils auront l’eau courante l’an prochain.

Petit bémol : s’il pleut trop fort, on n’entend carrément plus le bruit de la balle…

2. Rafa inarrêtable

S’il y en a un qui tenait à ce que Roland ait lieu, c’est bien Nadal, qui se sent toujours comme à la casa. Et pourtant, cette année, ça doutait fort sur ses chances de victoire, entre le froid qui allait faire rebondir ses balles moins haut, le changement de balles dont il s’est plaint, l’année 2020 titanesque de Djokovic ou Thiem qui venait de gagner son premier grand chelem, ça faisait beaucoup.

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En finale, Nadal a du même coup signé sa centième victoire à Roland-Garros. Costaud.

Les doutes, Rafa les a mangés en même temps que ses adversaires : pas un set de perdu, même en finale contre un Djokovic balayé 6-0 6-2 7-5. Une démonstration et surtout un treizième titre à Paris, son vingtième titre du Grand Chelem, il égale ainsi un certain Roger Federer (absent pour blessure).

3. Le circuit féminin toujours aussi surprenant

Chez les dames aussi, la gagnante n’a perdu aucun set. Mais on l’avait un peu moins vue venir puisqu’il s’agit d’Iga Świątek, une Polonaise de 19 ans presque inconnue au bataillon. Le phénomène est de plus en plus courant : des joueuses comme Ostapenko, Barty, Stephens ou Andreescu, toutes victorieuses d’un grand chelem dernièrement ont beaucoup de mal à confirmer leur succès. Naomi Osaka (absente) et Sofia Kenin (finaliste) commencent malgré tout à s’affirmer de plus en plus.

Au deuxième tour, on ne retrouvait déjà plus qu’une des quatre demi-finalistes de l’an dernier.

4. Frustrations belges

Dans le point sur les prestations belges, honneur à Joachim Gérard qui a porté haut nos couleurs en se hissant jusqu’en finale dans la catégorie tennis en fauteuil roulant. Il menait même 3-1 dans le set décisif, de quoi avoir quelques regrets. Des regrets, David Goffin en avait déjà au tirage sort en découvrant que son adversaire du premier tour serait Jannik Sinner, un Italien de 18 ans appelé à devenir une star du circuit.

Quelques jours après son match, Goffin annonçait qu’il avait chopé le Covid. Sinner, lui, avançait jusqu’en quart de finale.

Et ça s’est vérifié : Goffin s’est fait expédier en trois petits sets. Déception aussi pour Elise Mertens qui s’incline au troisième tour contre la Française Caroline Garcia. Un match terminé sur le score de 1/6 6/4 7/5 et marqué par une tonne d’occases manquées. Oui, on a le seum.

5. Les amorties sont de retour

C’est une des conséquences marquantes des conditions de cette année : avec l’humidité et la fraîcheur, les balles rebondissent moins haut, du coup les amorties sont encore plus dures à aller chercher. On a pu le voir avec Djoko qui a vraiment joué avec ses adversaires grâce à ce coup, mais la palme d’or revient quand même à Hugo Gaston. Ce Français classé 239e mondial et complètement inconnu s’est hissé jusqu’en huitièmes en battant Wawrinka et en poussant Thiem au set décisif. Lors de ce match, il a tenté pas moins de 58 amorties, rendant fou l’Autrichien pourtant très rapide. C’est ça, le tennis qu’on aime !

Après ce gros combat, Thiem a morflé contre Schwartzman au tour suivant dans un nouveau match énorme de 5h08. Tu peux gagner un match marathon, mais pas 15…

Très chelou à dire mais ce Roland-Garros est bel et bien le dernier grand chelem de l’année. Mais le tennis ne s’arrête pas pour autant : le tournoi d’Anvers revient notamment du 19 au 25 octobre avec la présence de joueurs comme Dimitro, Fognini, Nishikori, Berrettini ou Khachanov. Et on nous dit dans l’oreillette qu’il reste encore des places.